Équateur 2014 : La fatigue et le rejet du départ

13 juin

Aujourd’hui, j’ai été à Otavalo pour faire l’épicerie du dîner de demain. J’étais un peu de mauvaise humeur. La fatigue m’atteint tranquillement. On a tout acheté pour préparer la sauce à spaghetti pour le souper avec la communauté.

Je suis revenue à la maison et le tout a été tranquille. J’ai écouté la partie de l’Espagne contre l’Hollande avec Henryque. C’était très amusant. Ensuite, j’ai écrit la lettre pour ma famille et je suis allée jouer aux cartes chez Elvia.

Demain, dernière journée. Je ne le réalise pas je pense. Il reste quoi, trois jours en tout et simplement un seul dans la communauté. Même si j’ai hâte de voir ma famille et mon amoureux, je suis bien ici. C’est paisible et je suis complètement déconnectée.

Bref, je veux pas partir, je suis grippée et je veux pas partir.

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Équateur 2014 : Dernière réunion de groupe

12 juin

Ce matin, j’ai monté dans la montagne avec Gabriella. Elle m’a dit 30 minutes, mais le tout a duré 1h30. Arrivées en haut, nous (elle)avons trait les deux vaches, cueilli du choclo et tout rapporter en bas, cette fois en 45 minutes. Bref, je suis EXTRA fatiguée. J’ai les jambes mortes et j’ai mal à la tête. On a mangé chez sa mère (riz, patates et thon) et ils mangeaient des pattes de poules… ça, ça me dégoute par contre. Ma douche, je vous avouerais, fût merveilleuse.

Je dois quand même avouer que les douches chaudes, vraiment chaudes me manquent. J’ai tellement hâte de prendre une douche de une demi-heure, chaude avec plein de pression. Par contre, j’ai moyen hâte de recommencer à me soucier de mon habillement. Parce que ici, ma mère grincerait des dents. J’aime être bien habillée, mais mon petit côté hippie aime être habillé confortable.

Ce soir, c’est aussi la dernière réunion de groupe. On va faire un retour sur le voyage. Pour ma part, ce fût merveilleux. J’ai adoré le groupe. Xavier, notre accompagnateur, il se donne à 100%, même plus. Ce qu’il fait, ça le passionne! Et je pense pas qu’il aurait eu mieux comme accompagnateur.

En résumé, la réunion a été… intense. On a parlé de bien des choses et ce fût… intense. Je n’ai pas d’autres mots. On a parlé du groupe. On m’a reproché d’être trop intense, de prendre trop de place et d’être trop ‘’maman’’. Beaucoup de personnes m’ont dit que c’est seulement une ou deux personnes qui pensent cela, pas tout le groupe. Par contre, ça me fait quelque chose, parce que j’ai tellement fait d’efforts pour ne pas faire ça, ou au moins, le faire sainement. Je ne sais pas, ça me fâche un peu aussi.

Je me suis reposée en écoutant la télévision avec la famille. Et quelqu’un est venu me porter une lettre pour s’excuser de ses reproches. Je comprends son point, mais je suis blessée et j’ai besoin d’un peu de temps. J’ai été sec envers une ou deux personnes. Probablement parce qu’ils attaquaient mes ami(e)s et que ça, c’est juste inconcevable pour moi. Je deviens maline quand on touche à ceux que j’aime. Quand on m’a dit que je tapais sur les nerfs du monde, littéralement, ça m’a fait pleurer, car je suis quelqu’un qui désire faire le bien, pas le mal. Même si je suis consciente qu’on ne peut pas plaire à tout le monde, surtout avec ma personnalité.

Oublions ces problèmes, j’en ai un autre plus important encore : on part dans deux jours de la communauté. EUH QUOI ! Je n’ai tellement pas envie de partir. Le petit Sayri et moi, on est devenu des amis inséparables. Ils vont tellement me manquer, je vais tellement leur écrire.

C’est surement la plus belle expérience de ma vie.

En fait, c’est la plus belle expérience de ma vie!

Spécial Automne

Moi, j’aime l’automne. J’aime les couleurs dans les arbres, et toutes les récoltes qui arrivent. J’aime la décoration automnale, les pains à la citrouille et les sourires des enfants qui jouent dans les feuilles. J’aime bien l’automne, même si je n’aime pas le froid.

Cette année, j’avais envie de souligner l’automne. J’avais envie que chaque matin, en sortant de ma chambre, une décoration automnale et chaleureuse s’offre à moi. Alors j’ai marché jusqu’à un magasin, j’ai acheté des (fausses) fleurs, un pot et des chandelles attrayantes. Je suis arrivée chez moi, et pendant que mes colocs étaient dans leur chambre, j’ai préparé ma petite décoration. J’y ai mise de l’amour, et surtout, c’était plaisant. Il ne manquait plus que les chandelles à la senteur d’automne pour rendre le tout merveilleux. Voilà ce à quoi ressemble maintenant mon entrée :

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J’en suis totalement amoureuse.

Mais l’automne, ce n’est pas juste une petite décoration pour moi, c’est aussi une panoplie de projet DIY qui s’en viennent pour vous. C’est beaucoup de tricot, pour me garder au chaud. Et en plus de tout ça, c’est aussi d’aller marcher dans le Parc de la Gaspésie en famille et de prendre tout cela en photo.

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Nous sommes allés au Mont Ernest-Laforce, dans l’espoir de voir des orignaux. Aucun n’est venu à nous, mais la pluie si. Par contre, les paysages étaient époustouflants. Malgré le vent, j’y serais resté pour regarder les montagnes longtemps. Je suis chanceuse d’avoir une mère passionnée de marche en montagne qui nous a tous encouragés à y aller, car ce fût inoubliable.

Bref, pour moi l’automne, c’est de la joie, du froid et beaucoup, beaucoup de cuisine !

Le tricot anti-stress

Il y a environ un an, j’ai appris à tricoter. Probablement l’un des apprentissages les plus beaux que j’ai fait. Étant donné que l’hiver revient bientôt, je me suis remise au tricot. Comme premier projet, je vais faire un foulard à mon amoureux. Il faut bien le garder au chaud ce bel homme-là.

Si jamais vous ressentez du stress, essayez le tricot. Pour ma part, ça m’a sauvé de quelques crisettes de panique.

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Équateur 2014 : Quito en un jour

11 juin

Il est 21h30. J’ai passé la journée à Quito. Cette journée, elle a commencé à 5h00 du matin. Je me suis réveillée et n’arrivais plus à dormir, même si au fond j’allais me réveiller à 6h00 de toute façon. À 6h00, toute la maisonnée s’est levée. Gabriella a préparer et mon déjeuner et mon dîner, soit patates frites, riz et œufs. C’était bon, même froid. J’ai pris ma petite tisane à la cannelle, je me suis préparée. 6h50, j’ai descendu la petite côté, émue par le merveilleux paysage matinal.

7h00 nous étions partis. En chemin, nous avons fait un arrêt au par ‘’ Mitad del Mundo’’. Nous avons pris quelques photos, visités quelques expositions et nous étions de retour sur la route.

Notre deuxième arrêt de la journée fût le centre historique de Quito. C’était tellement beau. En fait c’est beau! On a marché et vue un peu de paysage.

Ensuite, ce fût Quito moderne. Nous y avons passé une heure trente environ. Beaucoup trop grande ville pour moi. J’ai mangé avec mes deux aventuriers adorés, Xavier et Ariane, dans un restaurant de crêpes repas. Nous avons beaucoup parlé, une conversation qui m’en a appris beaucoup sur le rôle d’accompagnateur et des responsabilités. Franchement, ça m’a plus excitée que découragée. J’ai tellement envie de faire ça.

À 21h00, nous étions de retour à Caluqui et bon sens que le chauffeur de bus était mauvais. Il a donné mal au cœur à tout le monde. C’était affreux!

Vous savez, bien que l’expérience en elle-même est merveilleuse, les amitiés que j’ai développées ici sont incroyables. Malgré que je me doute bien que ma personnalité trop enthousiaste et envahissante tape sur les nerfs de certains, je me sens appréciée. Et même si j’aimerais m’en foutre, je ne m’en fous pas, donc je suis heureuse de ma condition.

Trois jours, trois jours… le monde ne tourne pas rond s’il ne reste que trois jours. Et partir, c’est dire au revoir à une aventure singulière mais surtout, c’est partir en sachant qu’à moins de gagner le million, je ne reviendrai pas de sitôt. Je pars donc VRAIMENT de reculons!

Sur ce,
Alli Tuta!

Équateur 2014: Côte de la mort

10 mai

J’ai dormi une nuit complète. WOW ! Et pourtant, je sens encore la famille qui me pèse. Je vais peut-être essayer de faire une sieste cet après-midi. Je pense que ça me ferait du bien. Surtout que l’on va à Quito demain pour la journée. J’aurais définitivement préféré rester ici, mais bon, c’est une décision de groupe !

Aujourd’hui, j’étais au centre infantile. C’est en haut, après la ‘’côte de la mort’’, celle qui donne envie de rouler en bas parce que rendu à la moitié, tu es mort, mort de fatigue. Au centre infantile, les enfants jouent. Par contre, ce n’est pas comme nous. Les animatrices sont assises et les regardent jouer, ou plutôt se bousculer, se frapper et surtout, tomber. Mais les enfants sont heureux et c’est ça qui importe.

Ce midi j’ai tellement bien mangé. J’ai des crampes, presque toujours. Toutefois, je suis tellement habituée à cet état que c’est presque normal. J’ai vraiment hâte de recommencer à contrôler ce que je mange. Ça me manque mon indépendance alimentaire, et mon indépendance tout simplement.

Ma mère de famille, Gabriella, étudie pour être catéchètes. Les habitants ici sont très croyants, ce qui est très différent de moi. Ma famille a beaucoup le désir de modernité, ce qui pour moi est un peu en désaccord avec leur dévouement à la religion. Les croyances sont vraiment un aspect important de la réalité d’ici et pour moi, ce n’est pas toujours facile. Je ne pratique pas, je ne suis pas croyante. Par contre, j’accepte qu’il le soit. Je ne désire tout simplement pas y être incluse.

Je n’en reviens pas qu’il reste si peu de temps. C’est tellement insensé que ça se termine bientôt. Tout a passé trop vite. Je vais tellement m’ennuyer de ma vie ici, c’est simple et enrichissant.

Alli Tuta!
(Bonne nuit en Quechua)

Équateur 2014 : Je ne veux pas partir !

9 juin

Je ne me sens pas bien ce matin, encore. Du genre, je ne pense pas me rendre au centre infantile. Je vais probablement rester couchée et écouter la télé. D’ailleurs, c’est un peu étrange d’écrire ça. Je m’attendais à ce que ma vie en Équateur n’ait pas cette possibilité d’écouter la télé quand ça ne va pas bien. Et pourtant, je suis là, à me dire que je vais faire ça. Je crois que c’est difficile de me faire à l’idée. Pour m’occuper ce matin, je vais transcrire les recettes équatoriennes que Gabriella m’a données.

Quelque chose qui me manque un peu du Québec, c’est de cuisiner ma propre bouffe. J’ai hâte de manger ce que je veux et d’avoir un contrôle sur ce que je mange.

J’ai eu une journée assez tranquille, mais énergisante à la fois. Je pense que c’est essentiel de s’arrêter un peu quand tu fais un voyage comme cela, parce que c’est tellement d’informations en même temps que même si tu ne travailles pas dans un IGA, ou que tu ne vas pas à l’école, c’est intense pour le cerveau.

Par contre, je pense que je ne comprends simplement pas pourquoi il ne reste qu’une semaine. Très sincèrement, je trouve ça con. Je suis bien maintenant. Je n’ai plus la même définition du confort non plus. Je pense que ce que j’ai compris, c’est que je n’ai pas besoin de tous ce que je pensais pour être heureuse. Beaucoup d’aspects de ma vie sont devenus facultatifs, alors qu’auparavant, ils me paraissaient non-négligeables. Il me reste encore beaucoup de chemin à faire pour vraiment comprendre la réalité à laquelle je suis confrontée en ce moment, mais surtout, je dois améliorer mon espagnol.

Il ne reste que quatre jours dans la communauté et six jours en tout. Dire qu’au tout début, je comptais les jours avant de partir. Maintenant, je ne m’imagine même pas quitter Caluqui. C’est fou, mais avant, je ne réalisais pas que j’allais être en Équateur et là, je ne réalise pas que je vais partir.

Malgré tout ce qu’on m’a dit, l’expérience que je vis en ce moment, c’est inimaginable. C’est enrichissant et tout ce que je décris ici, c’est même pas le quart de ce que je vis. Wow, c’est le seul mot qui peut offrir un semblant de comment je me sens en ce moment.

Ce que je peux vous dire, et ce, sans aucun doute, c’est que la coopération internationale, ça va faire partie de ma vie.

Je ne veux pas partir.