Équateur 2014: Famille et fête

5 juin

 

Ce matin, j’ai travaillé à la chapelle. C’était fatiguant, car c’était physique et je suis maintenant en manque de sucre… intense! Dans l’après-midi, j’ai eu mon sucre, car j’ai aidé dans les champs de fraises de Elvia. Puis, nous avons joué aux cartes. Toujours un plaisir!

Le tout a été suivi par la réunion de groupe, avec les familles. C’est un beau moment. Ma mère hôtesse m’a décrite comme étant une nouvelle amie. Ça m’a fait plaisir. C’est une bonne personne cette femme. Elle est très généreuse et très patiente. Nous avons terminé le tout avec une ‘’Mora Colada’’ et des pains tortillas frits. Un délice!

Nous sommes ensuite montés jusqu’en haut du village, à la maison de Laurie, car c’était son anniversaire. Ce fût tellement plaisant. Sa famille avait organisé une belle petite fête. Nous avons fait des jeux, mis le visage à Laurie dans le gâteau (gracieuseté de Marie-Jeannine et Émily) et surtout, nous avons eu du plaisir.

De plus, la journée a été fructueuse, car moi et Ève, on s’est inventé une histoire de Pirate-Cowboy sexy et mystérieux, cultivateur de Nutella. (On est en manque de sucre). Bref, une journée mémorable.

À ce moment de mon voyage, tout allait très bien. Surtout, je voyais tout très positivement. Je n’avais pas de problèmes majeurs et malgré la singularité de mon aventure, les journées se répétaient. Bien qu’il y a moins d’action dans mes écrits, j’étais toujours active et j’ai vécu des mini-aventures inoubliables, bien que non décrites. Cette journée ne semble pas palpitante n’est-ce pas ? Mais sachez qu’elles l’étaient toutes quand vous pensez au tableau complet. Wow, quelle aventure!

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Wanderlust, ou le désir insoutenable et intense de voyager

Il y a de ça quelques temps, je vous ai parlé de mon évolution en termes de confiance en soi. Je suis encore sur cette lancée de bien-être et de bonheur. Tous les jours, je me réveille avec le sentiment que j’ai trouvé qui je suis et ce que je veux. Bien que je sois plutôt du type rêveur, il me faut parfois du temps avant de me décider à dépasser mes limites. Normalement, lorsque l’aventure approche, j’ai tellement la trouille que je recule. Je ne l’ai pas fait avec l’Équateur et ma vie a changée.

Depuis que je suis de retour de mon stage, je ne fais que préparer mes prochains voyages. Je rêve toutes les nuits de partir à l’aventure. Bien que mon travail du moment soit une aventure, c’est plutôt un désir de voyager et de voir le monde, Wanderlust, qui me titille. J’ai toujours eu le sentiment que le jour où j’allais faire mon premier voyage, je n’en reviendrais pas. Bien que mon corps soit ici, ma tête et mon cœur sont dans les nuages. Ils se cherchent un endroit où s’installer.

Ma raison me dit de me concentrer sur mes études pour le moment. Mon cœur et mon corps me crient de repartir à l’aventure, de dépasser mes limites, de voir le monde et d’y apporter mon grain de sel. Je me sens incontrôlée et dans la vie, je suis quelqu’un qui a besoin de contrôle. Par contre, j’aime ce sentiment, ce frisson d’excitation qui parcoure mon dos quand l’idée de voyager m’effleure l’esprit.

En fait, souvent, je me demande pourquoi je n’écoute pas ce cœur, cette passion. J’ai toujours dit que je suis quelqu’un qui suit son instinct, pas sa logique. Je ne suis pas cartésienne, je suis émotionnelle je dirais. Je n’ai plus envie de toujours tout faire pour que dans 15 ans j’ai une famille et un travail. Ce n’est pas le genre de vie que je veux mener. Oui, je veux des enfants, mais à quel prix. Je ne veux pas regretter de ne pas avoir vécu. Je veux aller à l’université, je veux étudier pour pouvoir enseigner. Par contre, ce que je veux aussi, c’est voyager. Pas dans 20 ans. Pas quand j’aurai fini les études… Non! Souvent, on me dit : j’ai attendu et je n’ai pas fait ou encore, fais-le maintenant avant qu’il soit trop tard. J’ai l’intention de suivre ce conseil.

Le désir de voir le monde est trop grand. Le désir de me dépasser est trop pressant. J’ai envie de me lancer en l’air en parachute, j’ai envie de me promener dans la jungle, d’aider sur une ferme, de parcourir les trottoirs de l’Europe, d’être au-pair dans une famille australienne, d’accompagner des groupes en Amérique du Sud, d’accompagner ma mère dans son projet d’aide humanitaire en Afrique. Je veux vivre des émotions fortes, découvrir des cultures et surtout, avoir le sentiment d’accomplissement à chaque matin de ma vie. Voilà ce que je veux.

Il me reste encore beaucoup de chemin à faire pour être prête à sacrifier certaines choses pour pouvoir réaliser ce rêve-là. Chaque jour, je fais un pas de plus vers moi-même et vers une grande aventure. Chaque jour, j’embrasse la femme que je deviens et je me dépasse. C’est la vie que je mène et que je veux mener.

Équateur 2014: Soupe,soupe,soupe,PATATES

4 juin

Ok, ouach, il y avait un scorpion dans ma maison. On m’a dit que c’est rare, mais quand même. J’ai mal dormi, peut-être à cause de ça. J’ai mal partout, je me sens comme si j’étais en fait un 2 par 4 et que je bouge d’un seul bloc. Ce matin, le confort me manque. Les bons déjeuners aussi. Les soupes déjeuners aux patates, j’en ai un peu ras le bol. Patates est un ingrédient de base, mais surtout, s’accorde avec tout! Des pâtes au pain, en passant par le riz et la friture.

Est-ce que vous savez ce qu’est les tomates d’arbres ? Moi je le sais maintenant, et je vous confirme que la tomate est un fruit. J’en ai cueilli. Il fallait cueillir les jaunes, pas les rouges. C’était un peu… différent ? Surprenant ? Après, j’ai nettoyé le champ de fraises, en consommant des fraises aussi.

Le meilleur de ma journée : j’ai appris une recette de la place. Des pains tortillas, dans un tiesto sur une Tulpa. Bref, des pains sur le feu dans un bol de terre cuite. C’est si bon. Mais j’ai soupé avec de la soupe. (C’est peut-être pour ça que l’on dit souper…) Toujours de la soupe, beaucoup de soupe, Overdose de soupe. Mais, c’est leurs habitudes et bon, ce n’est pas si pire que ça !

Bref, je m’ennuie de mon chez moi aujourd’hui, mais je ne veux pas partir non plus. Quel sentiment étrange!

Équateur 2014 : Petits bobos, synonyme de travailler fort

3 juin

Buenos Dias! J’ai été malade cette nuit. Pas cool! Je ne prendrai toutefois pas de médicaments, car je ne pense pas que cela va durer. Je n’ai pas beaucoup dormi, mais je vais tout de même travailler à la Capilla. Je ne voudrais pas ne pas être utile ici,  car c’est pourquoi je suis venue.

Ma mère hôtesse est très gentille. Elle m’a fait un thé à l’origan, et c’est bon pour l’estomac. Elle adore parler, et elle répète lorsque je ne comprends pas.

Le travail à la capilla, c’est physique. J’ai pelleter beaucoup, un peu trop, à m’en faire mal au dos. Par contre, à mon plus grand plaisir, j’ai bronzée. Je suis encore blanche comparée à tout le monde, mais moi je sais que j’ai bronzée.

Nous avons eu une réunion ce soir, et nous avons décidé quel sujet nous allions parler dans le rapport de stage. Pour ma part, je ferai sur le choc culturel. Je crois avoir vécu le plus gros choc, ou du moins, intense, du groupe. Peut-être que j’ai cet impression car je l’ai extériorisé, je ne sais pas.

Je suis allée au marché de Gonzales et wow, c’était merveilleux. Il y avait des Empanadas au Queso et ils étaient plus que délicieux. Ils y avaient plein de fruits, de légumes et de kiosques de toutes les sortes. C’étaient très beaux.

Demain, encore la capilla. Mais aussi, j’irai cueillir des tomates d’arbres. Je suis tellement fatiguée, j’ai mal partout, j’ai mal au ventre et j’ai les yeux tout enflés de fatigue. Bref, plaisir, mais aussi fatigue qualifie ce stage.

Équateur 2014 : Entre-deux sentiements

2 juin

Encore une journée spéciale, soit celle des enfants. Il y a eu beaucoup de prix et de jeux. Nous avons fait tirer une bicyclette. Bien que la journée fût un peu longue, c’était mignon. Je commence à apprécier ma famille comme si elle était la mienne. Ils sont tellement généreux, je ne pourrais avoir mieux. Tout va bien maintenant, et mon expérience est tellement enrichissante.

Nous avons eu un message pour le commérage. Dans un groupe majoritairement féminin, cela arrive souvent. Malheureusement, nous sommes hormonales et il y a quelques frictions. Je ne m’en sauve pas d’ailleurs. Quelques fois, j’ai eu des commentaires qui me blessaient ou encore, insultaient mes valeurs. Peut-être j’en ai fait moi aussi, je ne sais pas. Mais je ne suis pas rancunière, donc je ne me souviens pas vraiment de ce qu’on me dit. Par contre, avec ma personnalité… peut-être envahissante? J’ai peur de tomber sur les nerfs des gens. Donc j’essaierai de m’effacer pendant les prochains jours. Je ne voudrais pas que quelqu’un soit fâché et que cela me mine le moral. Déjà que, en ce moment, j’ai l’impression que les gens ne veulent pas me voir. Peut-être que je m’auto-fais de la peine, car tout ceci m’angoisse. Le fait est que Charles-Éric aide beaucoup à mon moral. Quand je suis tristounette, il sait quoi me dire. Et là, il ne peut pas me remonter le moral.

J’ai joué au soccer! Je suis brûlée, complétement vidée mais le tout à fait un bien fou ! J’ai aussi mangé des fraises, et wow, elles étaient bonnes. Je crois que je ne réalise pas vraiment que je suis en Équateur. En fait si, mais je me demande encore comment je me suis rendue là. C’est un très grand accomplissement pour moi de faire un voyage comme celui-ci. Je suis épuisée, inconfortablement couchée, mais tellement heureuse de vivre une expérience aussi enrichissante! Malgré tout, le contact humain me manque. J’aurais besoin que quelqu’un me serre dans ses bras. C’est un peu difficile quelques fois. Mais je sens que je dépasse mes limites ici et j’en suis fière!

Bref, Hasta Manana.

Du plaisir en français, tellement!

Aujourd’hui, je vous parle encore une fois de mon travail, soit monitrice pour l’École de Français. Je vais vous faire un petit résumé de cette semaine bien remplie!

Tout d’abord, je dois vous transmettre mon émerveillement face à la cohorte de cette année. En effet, ils parlent presque toujours en français et c’est plus qu’impressionnant. C’est probablement la cohorte la plus motivée depuis 2 ou 3 ans. Ils sont si beaux à voir. Comment pourrais-je ne pas aimer mon emploi avec des jeunes comme cela. Ils sont vraiment gentils, et ils font beaucoup d’efforts pour parler français même quand c’est difficile. Leur énergie est positive et je ne saurai les qualifier autrement que par merveilleux. Ils m’émerveillent.

C’est d’ailleurs grâce à cette fabuleuse énergie que nos activités fonctionnent bien. Que ce soit au niveau du Party d’accueil, du rallye dans la ville ou des excursions, ils sont là et participent. La première activité de grand groupe, soit le party d’accueil fût une réussite. Les gens ont dansé, bougé et chanté. C’était si beau! J’ai aussi beaucoup dansé, j’avais tellement chaud. Je pense que j’ai rarement autant dansé de ma vie en fait. J’étais comme en transe, trop heureuse pour me soucier de problèmes que je pourrais avoir! Puis ensuite, il y a eu le rallye. Ils ont participé, ils couraient et semblaient appréciés. Ils m’ont chanté l’Oh Canada en français, Alouette et bonne fête aussi. Ils étaient impressionnants.

Jeudi, il y a eu le tournoi de Volley-ball. Croyez-moi, c’est compétitif ce soir-là. Toutes les équipes font leur cri et encouragent. De mon côté, j’ai pris plusieurs photos d’eux, mais aussi de nous, entre moniteurs. J’ai eu vraiment beaucoup de plaisir. Je travaille vraiment avec des gens extraordinaire, et ça, c’est l’environnement de travail parfait.

Vendredi, soit aujourd’hui, nous sommes allés à la Pointe de Rivière-du-Loup. Comme défi entre moi et Xavier, nous devions aller nous baigner. L’eau n’était pas froide, elle était ‘’frette’’! Mais mon orgueil était là et j’ai rentré jusqu’au épaules. Bien sûre, Xavier ne put s’empêcher de nous lancer de l’eau, à moi et Maude. Bref, bien du plaisir! Puis un peu de bronzage aussi! D’ailleurs, petite parenthèse : jamais je n’aurais osé être en maillot devant les jeunes avant cette année. Ma vision de moi-même a vraiment changé, c’est incroyable! Ce fût un bel après-midi!

Ce soir, activité Frisbee. Je vais apprendre à jouer au Frisbee, car je n’ai jamais joué. Je vais probablement faire rire de moi, mais à mon plus grand plaisir. S’il y a bien quelque chose que je sais faire, c’est accepter et bien vivre avec le ridicule.

Finalement, je pense que je vais passer la meilleur été de ma vie. En faites, j’en suis certaine.

Équateur 2014 : Un grand mariage

1er juin

J’ai dormi chez moi un soir, et j’ai bien dormi. Je me sens tellement mieux maintenant. Beaucoup mieux. Hier soir par contre, j’ai encore dormi chez Elvia. Par contre, pas pour la même raison. En fait, j’y ai dormi car nous avions un mariage et que c’était tout de suite à côté. Mais bon, je vais vous raconter tout cela en ordre.

En premier lieu nous sommes tous allés à Otavalo, soit la ville avec le plus grand marché d’artisanat en Équateur. Nous y sommes allés en boîte couverte d’un camion. C’était très drôle et quelques fois, un peu effrayant. Nous y retournons ce samedi, alors je n’ai pas beaucoup dépensé. Je me suis procurée un chandail à manche longue et des bracelets de fils. J’ai mangé dans un resto de touristes, surtout car ils avaient un menu végétarien. À mon plus grand bonheur, j’ai pu dévorer une lasagne aux légumes accompagnés d’un chocolat chaud. Nous avons regardé pour des churros, une pâtisserie au Dulce de Leche, mais nous n’avons pas trouvé. Il semblerait que c’est excellent.

En deuxième lieu, il y a eu le mariage. Je me suis habillée un peu plus chic, soit en robe et nous sommes descendus à Suarez Gonzales pour la cérémonie. Les Églises, ça me rend vraiment mal à l’aise. J’ai l’impression de ne pas respecter les croyants, car c’est leur lieu sacré et j’y entre. Le prêtre avait aussi un sermon très très patriarcal. Disons que mon éducation et la leur sur la place des femmes, c’est totalement différent. Après la cérémonie, il y eu une fiesta, du genre très très grande. 400 personnes. Tout le monde ayant un souper. Mais je n’ai pas mangé, car dans tous les plats il y avait de la viande. Sauf dans le gâteau, à 11h30 de la soirée. Personne ne l’a vraiment aimé, mais moi, je l’ai tout simplement engloutit comme si ma vie en dépendait.  J’avais tellement faim ! Nous avons aussi dansé, et j’ai eu quelques frissons. Les robes le soir à Caluqui, non. Bref, c’est très intense.

De retour à la maison, j’ai regardé la télévision avec ma famille. Oui, ils ont le satellite, mais pas de frigo. Vers deux heures, je suis partie pour notre réunion de groupe. Sur mon chemin, j’ai rencontré les mariés et plusieurs personnes de mon groupe. En effet, une fête de mariage, c’est deux jours de temps. Ils dansaient en rond autour d’un bol d’eau de rose. Des vieilles mesdames se promenaient avec de l’ortie. Très mauvaise expérience. Elle me dit que je dois aller danser, mais je ne veux pas, car j’ai mal au ventre. Ah, mais elle veut que je danse, alors elle me fouette avec l’ortie. Si vous ne savez pas ce qu’est l’ortie, tant mieux pour vous, car cela pique et enfle et chauffe. Je n’étais pas très contente de cette aventure.

Le soir, je me suis amusée avec le petit, nous avons écouté des films et je me suis couchée heureuse. Je profite toujours plus de mon voyage. Bien que je m’ennuie de ma famille et de mon amoureux, je commence à me dire : ah non, il ne reste que 16 jours!

Carolane se met en forme ?

Ma mère vous dirait qu’elle a entendu cette phrase des millions de fois. Et c’est vrai! J’ai souvent essayé, mais je n’ai jamais réussir à tenir ma résolution bien longtemps. J’ai toujours eu un manque flagrant de motivation à faire du sport, principalement parce que je n’aime pas le sport. Par contre, pour la première fois, depuis mon voyage en Équateur, j’ai envie de faire du sport. J’ai envie de monter une montagne, de nager dans des lacs (ou des piscines) et de faire des Squats! Pour moi, c’est un sentiment nouveau, mais apprécié. Ce que j’ai peur, c’est que cela ne dure pas. Pour l’instant, je suis allée nager à chaque fois que mon horaire le permettait. Je ne nage ni vite, ni bien longtemps, mais au moins, je fais quelque chose.

J’ai lu une phrase qui disait que même si tu ne vas pas vite, tu dépasses quand même tous ceux qui sont assis sur leur divan. C’est cette même phrase que je me répète lorsque j’ai l’impression qu’on me regarde et qu’on me juge. Ah la pression des pairs, toujours un gros enjeu pour moi. Par contre, depuis un moment, je me sens tellement mieux dans mon corps que je commence à être capable de combattre ce sentiment de peur.

Et oui, en effet, je me sens bien dans mon corps. Maintenant, je suis capable de danser sans me demander si les gens me trouvent dégueulasse d’oser danser, car oui je me répétais cela. Avant, je marchais et j’avais l’impression que le monde entier me regardait avec du dédain. Quand j’y repense, ce n’était pas le monde qui me regardait avec du dédain, mais bien moi-même. Aujourd’hui, j’ai l’impression que l’on regarde mes cheveux, mes vêtements ou mon sourire et qu’on se dit : wow, elle fait des beaux chignons ou encore, elle sourit toujours celle-là.

Une grande partie de ce cheminement s’est réalisé suite à mon secondaire, car j’ai trouvé ma place et je fais ce que j’aime. J’étudie les langues, je fais des projets de solidarité internationale, je travaille avec des étudiants pour les aider à apprendre le français, je fais des projets d’avenir avec mon amoureux. Charles-Éric est d’ailleurs une autre grande partie de mon cheminement. Quand il est entré dans ma vie en m’apprenant que je lui plaisais, j’ai d’abord eu peur. D’un sens, je n’arrivais pas à croire qu’on pouvait aimer mes courbes, mes fesses, bref mon corps. Pendant tout mon secondaire, on ne m’avait jamais dit (un garçon ne m’avait jamais dit) que j’étais belle et désirable. Lui, il me l’a dit. Je ne l’ai pas cru et croyez-moi, il a fallu trois mois pour me convaincre qu’il pouvait réellement m’aimer.

Puis nous sommes devenus un couple, et il a changé ma vision de moi-même. Tous les jours, il me dit que je suis belle et ce, depuis plus de deux ans et demi. Tous les jours, il me regarde et je vois l’amour qu’il me porte. Avoir quelqu’un comme lui dans sa vie, c’est comme être la plus riche des personnes parcourant la terre.

Grâce à lui, grâce au fait que je fais ce que j’aime, je m’accepte maintenant. Depuis mon voyage en Équateur, c’est encore mieux. J’ai l’impression d’être retournée aux sources. Tout ça, tout ce bien-être m’a amené quelque chose d’inattendu : le désir d’avoir plus. Maintenant, je n’ai plus à tenter de me convaincre de faire du sport car je me trouve grosse et laide. Non! Maintenant, je ne suis plus découragée de moi-même à un point tel que j’ai honte de seulement aller courir vu mes performances. NON! Maintenant, j’ai seulement envie d’être bien et équilibrée. OUI! Voilà ce que je veux, et voilà ce que j’aurai!

 

De plus, maintenant que c’est écrit ici, j’ai pas le choix ahah!

Équateur 2014: Dia de la Madre et adaptation

30 mai

Ma nuit a été merveilleuse. J’ai dormi avec le petit chat. Je suis seule à la maison, j’écris au soleil entourée des chiens.

Je m’adapte toujours plus. Que ce soit de jour ou de soir, ça va mieux. Il faut avouer que la vue que j’ai devant moi est tellement magnifique que je ne peux qu’aller bien. C’est apaisant, vivifiant. Même l’espagnol n’est plus troublant pour moi. Je commence à tout comprendre ou presque et à vraiment me plaire. Je pense même en espagnol et oublie des mots en français.

Aujourd’hui, ce fût le jour de la mère, Dia de la Madre. C’était bien, redondant mais beaux. Les habits traditionnels et les danses font sourire. Nous avons eu du beau soleil, tout chaud, tout brulant! Cet après-midi, j’ai aidé à la préparation du mariage. Ce soir, je passe la soirée avec ma famille. Gaby est vraiment gentille. Elle ADORE parler. Henrique est vraiment compréhensif. Il travaille dans les fleurs et aime aussi beaucoup parler. Le petit se nomme Sairy. Il a deux ans et il est le plus mignon de la terre. Ils sont très accueillants et je suis fière d’être dans leur famille. Ils sont très religieux, et j’avais peur que cela créer un malaise. Mais pas du tout, ils sont tellement ouvert d’esprit.

Je dors seule ce soir, et j’ai envie de parler de mes sentiments. Malheureusement, je ne sais pas à qui parler. J’ai peur de trop en parler à Xavier par exemple. Ou à Marie-Jeannine. Alors je me tais un peu plus. Par contre, j’aurais besoin d’un câlin. Le contact humain me manque. Elvia, Xavier et Adrian aussi me manque beaucoup. Ils me rendent heureuse avant de dormir et je dors donc légère.

Nous sommes très chanceux en tant que groupe d’avoir Xavier comme accompagnateur. Il est tellement compréhensif et patient. Maria aussi, c’est un ange. C’est comme notre maman.  Ils m’ont écouté parler (et pleurer!) et je me sentais réellement écouté. Il faut dire que ma crise de panique a peut-être fait paniquer les accompagnateurs un peu aussi. Surtout que tout le monde, y compris moi, auraient pensé que je serais la personne qui paniquerais. Bref, ils ont été MERVEILLEUX.

Donc voilà, je vais dormir. Après avoir écouté un film, fait de la pâte à modeler, manger du Dulce de Leche (ma foi très bon) et leur avoir appris du français, mon lit me tente comme jamais. Première nuit seule, et surement pas la dernière.

Un accueil épuisant, mais excitant!

Les trois jours de l’accueil sont Presque terminés et je suis épuisée. Ce sont quatre jours très épuisants, car nous travaillons presque 18h sur 24. Nous ne dormons pas beaucoup, il y a beaucoup de stress. Bref, c’est la folie.  De plus, le fait que je suis une ancienne rajoute beaucoup de pression et de travail. En effet, les ‘’nouveaux’’ se réfèrent beaucoup à moi. Quelques fois, j’ai l’impression qu’ils pensent que nous en savons plus. Pourtant, ils sont au courant aussi.

Je dois avouer que l’an passé, insécurité était écrit sur mon front. C’est difficile de savoir dans quoi on s’embarque lorsque nous choisissons d’être une monitrice Explore. Lorsque tu vois l’emploi, cela semble merveilleux (et ce l’est!). Toutefois, on ne nous dit pas que l’horaire de travail est, comment dire, exigeant ! En effet, bien que nos heures de travail soit fixes, il y a beaucoup d’implications extérieurs aux heures régulières à faire pour que le tout fonctionne bien. Peut-être me direz-vous que ce n’est pas correct ? Que je devrais être payé plus. Sachez toutefois que cet emploi, même si je suis épuisée, est l’un des plus beaux du monde. Il m’enrichit à plusieurs niveaux et je conseille à toutes les personnes en quête de contact humain multiculturel de s’impliquer dans un programme comme celui qu’offre le Cégep de Rivière-du-loup.

Malgré l’épuisement et l’irritabilité, le tout c’est très bien passé. Mes collègues de travail sont merveilleux. Très sincèrement, ils ont de belles personnalités. À un point tel, qu’il m’inspire bien des histoires que peut-être vous allez pouvoir lire un jour.

Au plaisir de réussir à être régulière.