Équateur 2014 : Esseulée

27 avril – Le choc culturel

Nous sommes partis de Quito pour Otavalo vers 8h du matin. Trois heures plus tard, après de merveilleux paysages, nous avons mis les pieds sur les terres de la communauté de Caluqui. Après la nuit sans sommeil que j’ai eu, ma sensibilité naturelle est très élevée.

Donc nous voilà dans la salle communautaire, aussi connue sous le nom de ‘’Casa communal’’. Nous sommes en rond avec les familles et les personnes importantes du village. On nous parle en espagnol. Je ne suis pas habituée à l’accent et je ne comprends pas vraiment tout. Marie-Jeannine me traduit ce qui m’échappe. Chacun notre tour, on se présente et je rougis. Mon nom fait rire les gens de là-bas, car la prononciation de Caro est aussi le mot pour automobile en espagnol. Ensuite, c’est le moment où nous sommes jumelés à nos familles. Ma mère équatorienne se nomme Gabriella, elle veut que je l’appelle Gaby. La responsable de la communauté lui apprend que je suis végétarienne. Elle est un peu surprise je crois.

Tranquillement, nous partons avec nos familles à la maison. J’ai un petit pincement, car je suis seule dans ma famille. C’est mon choix, mais c’est quand même difficile à ce moment-là.  Je suis mal à l’aise avec mon choix, je me sens seule, déroutée. Jusqu’à maintenant, tout va bien pourtant. Je visite la maison, c’est mon premier petit choc. C’est petit, en ciment… c’est différent. À première vue, ça me semble dénuée de charmes. En ce moment, mon confort me manque déjà. J’ai peur, j’appréhende.

Elle me montre ma chambre. Il n’y a pas de lumière aujourd’hui, il y a un problème dans le village. Avec la lumière du soleil, je vois des peintures religieuses. Il y a aussi un Jésus dans une crèche et une Vierge de Guadalupe. Un demi-lit, une chaise et un vieil ordi inutilisable. Pendant 15 minutes, elle me parle de religion. Je ne comprends pas trop, mais je capte que c’est très important pour elle, comparativement à moi. Je lui explique que je ne suis pas pratiquante et cela la rend perplexe, mais ça ne lui dérange pas vraiment.

Ensuite, c’est la cuisine. C’est petit, il n’y a pas de table pour manger. Dehors, il y a trois chiens, dont deux chiots. L’un d’eux semble malade et ils sont tous maigres. C’est difficile pour moi, car je considère que les animaux sont aussi ou presque autant important que nous.

Nous nous rendons chez sa mère. C’est là que nous allons dîner. Elle parle vite, avec du Quechua. Je ne comprends pas du tout ce qu’elle dit. Elle me sert le dîner. Du maïs froid, avec ce qui me semble être les fèves de soya. Après ma première bouchée de maïs, j’ai un choc. Inconfort, inconnu. Les larmes me montent aux yeux, tout comme la panique augmente. Je vais aux toilettes, je pleure. Je suis totalement déstabilisée. Je pense à mon amoureux, à ma famille. J’essaie de me ressaisir. Rien à faire, dès qu’il y a une seconde de silence, je recommence à pleurer. Je me sens tellement seule. C’est trop en même temps et tout ce que j’arrive à penser c’est : MAIS POURQUOI JE ME SUIS INSCRITE À ÇA ?

Finalement, je demande à retourner à la maison pour me reposer. Je passe l’après-midi à pleurer. Je me sens seule, je veux quelqu’un avec moi. J’ai tellement honte de comment je réagis, je me sens tellement mal et c’est la première fois que je me sens comme cela.

 

J’aimerais terminer cet article en soulignant que j’ai vécu un choc culturel intense, mais par contre, je réitère que ce fût la plus belle expérience de ma vie.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s